Décembre ... la coupure

« La coupure annuelle »

 

La coupure désigne un arrêt total de la pratique d’activité physique entre deux saisons sportives. C’est une période de repos total pour l’athlète, c’est le moment de partir en vacances.

Cela implique une perte partielle ou totale des adaptations induites par l’entrainement en réponse à un stimulus d’entrainement insuffisant. Cette perte peut avoir lieu dans de courtes périodes suivant l’arrêt des entrainements ou une réduction marquée du niveau d’activité physique habituelle.

 

I- LES POINTS POSITIFS DE LA COUPURE

Cette coupure annuelle est indispensable pour permettre au corps de se régénérer sur 2 aspects différents, essentiels à la performance sportive :

 

  1. L’aspect physique : ou les capacités physiques vont entrer en jeu dans la performance.
  • Décontraction musculaire
  • Soulagements des tendons et des articulations
  • Réduction des blessures liées à la fatigue

 

  1. L’aspect mental : ou les capacités « cérébrales » vont intervenir comme dans la gestion du stress et des émotions, la motivation, la concentration, la remise en question et la prise et recul, etc.
  • Décrocher mentalement en réalisant des choses que l’on aime (partir en vacances, passer du temps avec sa famille)
  • Éviter la lassitude du quotidien
  • Créer de la motivation par le manque de la pratique sportive
  • Prendre du recul sur la saison passée pour fixer ses futurs objectifs
  • Réduction du stress et de l’anxiété due à la compétition

 

  1. LES PRINCIPAUX EFFETS SUR LE CORPS

 

  • Baisse de la VO2 max
  • Baisse de la performance
  • Baisse de l’apport d’oxygène dans le muscle
  • Baisse des volumes totaux du plasma sanguin
  • Baisse de la teneur en protéine plasmatique
  • Hausse de la fréquence cardiaque pour une même intensité
  • Baisse du débit cardiaque maximal
  • Baisse des dimensions cardiaques
  • Hausse de la pression artérielle
  • Baisse de l’efficacité ventilatoire
  • Baisse de la condition cardio-respiratoire
  • Hausse des dépenses en glucides
  • Hausse du taux d’échange respiratoire (RER)
  • Hausse de la concentration du lactate sanguin
  • Baisse de la concentration de glycogène musculaire
  • Hausse de l’intensité aux mêmes watts
  • Augmentation de la perception de l’effort
  • Prise de poids
  • Perte de masse musculaire

 

Note :

Un arrêt de 3 à 4 semaines entraine des désadaptations périphériques, cela nécessite des cycles d’entrainement pour restaurer des adaptations initiales.

 

  1. Pour aller plus loin

 

Capilarisation musculaire

-6,3% de la densité de capilarisation en 15 Jours

Différence artério-veineuse en oxygène

21 Jours pas de changements

56/84 Jours: -4% artères et -7% veines à la différence maximale artério-veineuse en oxygène.

Concentration Myoglobine

Pas de changements significatif

Volume sanguin

2 Jours : baisse du volume sanguin

14 jours : -5,1% du volume plasmatique

2 semaines : -9% du volume plasmatique et sanguin

4 semaines : -12% du volume plasmatique et sanguin

Rythme cardiaque

+11% fréquence cardiaque pendant un exercice sous-maximal après 2 semaines d’arrêt

Passage de 84% à 93% de la FC Max pour un effort sous-maximal

Volume systolique

-10% du volume systolique après un arrêt de 12 Jours

-17% du volume systolique entre 3 et 8 semaines d'arrêt

Débit cardiaque

-8% du débit cardiaque maximal en 21 Jours

Baisse du débit cardiaque stabilisé entre le 21ème et 84ème Jour

Passage de 84% à 94% du débit cardiaque Maximal pour un effort sous-maximal absolu

Dimensions cardiaques

En 2/4 semaines

-8% de la masse du ventricule gauche

En 3 semaines

Hausse de la pression artérielle

En 8 semaines

-11,8% des dimensions cardiaques lors de la diastole du ventricule gauche

-25% de l'épaisseur de la paroi ventriculaire gauche

Fonction Ventilatoire

-10% de la fonction ventilatoire en 5 Semaines

Seuil ventilatoire passe de 53% à 71% du maximum en 56 jours

Performance d'endurance

Perte de 4% à 25% en 3/4 semaines

Substrat énergétique

Lactates sanguins

En 84 Jour: pour une même intensité sous maximale,la concentration de lactates sanguin passe de 1,9 à 3,2m.mol.L-1

Glycogène musculaire

-20% glycogène musculaire pré-exercice après 4 semaines

Ratio d'Échange Respiratoire

À 60% VO2max: 3 semaines d'arrêt le ratio passe de 0,89 à 0,95. Après 84 Jours d'arrêt RER passe de 0,95 à 1,00

Activités enzymatique

Les Enzymes : -20% en 3 semaines et -40% en 56 Jours

Après 84 Jours

-17% Hexokinase

Maintien du phosphorylase

+20% Phosphofructokinase

Fibres musculaires

Pas de changements à court terme

Augmentation des fibres type II-b, passe de 5% à 19% en 56 Jours

Ratio Échange respiratoire (RER)

+8% en 84 Jours

Intensité

+22% d'intensité aux mêmes watts après 84 Jours

Perception de l'effort

+39% de difficulté de la perception de l'effort

Les données chiffrées sont tirées d’études scientifiques, elles sont propres à la population étudiée lors de ces dernières. Elles servent à donner un ordre d’idée. Elles ne sont pas forcément votre cas personnel suivant le niveau d’entrainement et les caractéristiques anthropométriques.

 

RÉFÉRENCES :

 

  1. Inigo MIJUKA and Sabino PADILLA. Cardiorespiratory and metabolic characteristics of detraining in humans.
  2. Inigo MIJUKA and Sabino PADILLA. Muscular characteristics of detraining in humans.
  3. Laurent BOSQUET and Inigo PADILLA. Chapter 10 : Detraining.
  4. COYLE, HEMMERT, COGGAN. Effects of detraining on cardiovascular responses to exercise : role of blood volume.
  5. COYLE, MARTIN, SINACORE, JOYNER, HAGBERG, HOLLOSZY. Time course of loss of adaptations after stopping prolonged intense endurance training.
  6. HOUSTON, BENTZEN, LARSEN. Interrelationships between skeletal muscle adaptations and performance as studied by detraining and retraining.
  7. COYLE, MARTIN, BLOOMFIELD, LOWRY, HOLLOSZY. Effects of detraining on responses to sub-maximal exercise.