Revue de littérature scientifique - Les travaux de Julie Scelles (En collaboration avec la faculté des sports de Nancy)

Intérêt de l’entraînement « croisé » en course à pied

 

 Présentation des travaux de Julie Scelles (STAPS Nancy)

 

Julie SCELLES, ancienne footballeuse, pratiquant aujourd’hui le Crossfit et la course à pied, je suis étudiante en Master STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) IEAP (Ingénierie et Ergonomie de l’Activité Physique) depuis l’année universitaire 2019-2020.

Dans le cadre de mon Master 1, je devais effectuer un travail de recherche.

Le thème proposé par la société Prépa Optima : « intérêt de l’entraînement croisé chez le coureur à pied » m’a tout de suite beaucoup intéressée.

Après lecture de la littérature scientifique existante à ce sujet, ma recherche s’est axée sur la comparaison de deux types d’entraînements sur la fatigue du coureur à pied, l’entraînement spécifique et l’entraînement croisé.

Malheureusement, cette année fût entachée par l’épidémie de COVID-19, je n’ai donc pu mettre en place un protocole expérimental et n’ai pu apporter de résultats supplémentaires pour démontrer l’intérêt de l’entraînement croisé.

Toutefois, par mes nombreuses lectures, je peux tout de même vous partager les connaissances scientifiques actuelles sur ce sujet.

 


Revue de littérature sur le thème de l’entrainement « croisé » en course à pied

 

Commençons par nous mettre d’accord sur la définition des termes entraînement spécifique et entraînement croisé.

 

L’entraînement spécifique correspond à des exercices proches de la discipline pratiquée, afin d’optimiser tous les gestes spécifiques à cette discipline, pour une meilleure performance en compétition.

Pour donner un exemple, un entraînement spécifique en course à pied serait tout simplement de courir à différentes allures (fondamentale, fractionnée, etc.). L’objectif de ce type d’entraînement étant de travailler l’endurance, les groupes musculaires spécifiques et l’efficience de la  foulée de l’athlète.

 

L’entraînement croisé, c’est un mode d’entraînement combinant des séances spécifiques et non spécifiques à la discipline (Loy, Hoffmann, & Holland 1995).

Chez le coureur à pied, cela amènerait à intégrer des disciplines supplémentaires et différentes à la course à pied dans leur programme d’entraînement, comme par exemple le cyclisme (activité portée), qui est moins traumatisant pour les articulations des membres inférieurs et qui peut être un bon moyen, pour un coureur à pied, de continuer de travailler musculairement ainsi qu’au niveau cardiovasculaire.

 

 

La course à pied est sans aucun doute l’activité physique la plus pratiquée dans le monde et il est souvent admis que le facteur de performance majeur en course à pied est l’entraînement spécifique à cette discipline.

Toutefois, la répétition des contraintes appliquées sur l’organisme dans cette discipline augmente le risque de blessure.

Pour exemple, il a été mis en évidence qu’après un effort important, l’absorption des chocs entre les pieds et le sol était moins important. Une autre étude relate que pour 1000 heures de course le risque de blessure peut atteindre 92,4% (selon le niveau et la distance parcourue).

C’est face à ces constats, que l’entraînement croisé peut devenir une solution intéressante, dans la perspective de réduire les contraintes mécaniques, tout en maintenant un niveau d’exigence élevé du point de vue de la progression et de la performance.

 

Etat actuel des travaux de recherche

 

Peu de recherches ont été menées sur les effets de l’entraînement croisé sur la course à pied.

Les recherches comparant l’entraînement croisé et l’entraînement spécifique donnent un avantage à l’entraînement spécifique au niveau de la progression de la performance(Foster et al., 1995 ; Loy et al., 1994 ; Loy, Hoffmann & Holland, 1995 ; Tanaka, 1994).

Toutefois, lesquelques études sur l’entraînement croisé ont montré que, chez les sujets moins entraînés, ce type d’entraînement pouvait être efficace pour l’amélioration des performances (Mutton et al., 1993).

Chez les sujets les plus entraînés, l’entraînement croisé serait moins efficace pour la performance, mais n’entraînerait pas de baisse de performance.

En général, les études sont majoritairement en accord sur le fait que l’entraînement croisé peut apporter de la diversité dans la routine d’entraînement des coureurs.

L’entraînement croisé serait également une approche intéressante pour un retour de blessure, voire pour éviter les blessures, étant donné que les sollicitations et contraintes biomécaniques seraient différentes de celles de la course à pied (Godfrey, 1998 ; Loy, Hoffmann & Holland, 1995 ;G. P. Millet et al., 2002 ; Mutton et al., 1993 ; Tanaka, 1994).

Selon certains chercheurs, l’entraînement croisé permettrait également d’augmenter le volume d’entraînement de l’athlète, quand le volume d’entraînement spécifique ne peut pas être augmenté davantage (Foster et al., 1995).